
Choisir un statut professionnel est une décision judicieuse pour tout consultant indépendant. Entre le portage salarial, l’auto-entrepreneuriat, l’EURL ou la SASU, les options ne manquent pas. Pourtant, la rémunération nette finale varie d’un statut à l’autre, malgré un chiffre d’affaires identique. Les simulateurs de salaire en ligne se sont multipliés ces dernières années, promettant de clarifier cette équation complexe. Mais peuvent-ils vraiment proposer une comparaison fiable entre ces différents régimes juridiques ? Pour en savoir plus, n’hésitez pas à consulter le site itg.fr.
Fonctionnement des simulateurs de salaire pour le portage salarial
Les simulateurs de salaire en portage salarial sont des outils numériques qui permettent de changer votre chiffre d’affaires prévisionnel en estimation de revenu net. Ces calculateurs intègrent plusieurs paramètres : votre taux journalier moyen (TJM), le nombre de jours facturés mensuellement, les frais de gestion de la société de portage, ainsi que l’ensemble des cotisations sociales patronales et salariales.
Comment calculer le salaire net en portage salarial ?
Le calcul commence par votre chiffre d’affaires mensuel, obtenu en multipliant votre TJM par le nombre de jours travaillés. Supposons un consultant facturant 500€ par jour sur 18 jours : son CA mensuel atteint 9 000€ HT. La première déduction concerne les frais de gestion, généralement situés entre 5% et 10% selon les sociétés de portage. Avec un taux de 7%, cela représente 630€ prélevés sur le chiffre d’affaires. Cette commission rémunère les services administratifs, comptables et juridiques fournis par la structure de portage. Elle couvre également la garantie financière obligatoire, l’assurance responsabilité civile professionnelle et l’accompagnement personnalisé du consultant.
L’intégration des cotisations sociales
Les cotisations sociales prélevées en portage salarial correspondent à celles du régime général. Elles incluent notamment l’assurance maladie, la retraite de base et complémentaire, l’assurance chômage, la CSG-CRDS, ainsi que les contributions liées à la convention collective du portage salarial. Au total, charges patronales et salariales représentent en moyenne 45 à 55 % du salaire brut. C’est ce qui explique qu’en portage, le salaire net tourne généralement autour de 45 à 55 % du chiffre d’affaires facturé, selon le niveau de frais professionnels et le taux de gestion appliqué.
Les paramètres variables : frais professionnels, notes de frais et indemnités kilométriques
Les simulateurs intègrent généralement deux catégories : les frais de mission refacturables au client (déplacements, hébergement, repas en clientèle, matériel spécifique) et les frais de fonctionnement non refacturés (abonnements, logiciels, coworking, communication). Les premiers viennent s’ajouter à votre chiffre d’affaires et ne sont pas soumis à cotisations sociales, tandis que les seconds réduisent l’assiette des charges sociales, ce qui améliore mécaniquement votre revenu net.
Comment comparer le portage salarial au statut auto-entrepreneur ?
Les écarts de revenus nets après application du régime micro-fiscal et prélèvement libératoire
Comparer portage salarial et auto-entreprise uniquement sur le critère du revenu net peut sembler tentant, mais nécessite de bien comprendre le régime micro-fiscal. En micro-entreprise, les charges sociales sont d’environ 22 % du chiffre d’affaires pour les prestations de services, auxquelles peuvent s’ajouter 1 à 2,2 % supplémentaires en cas d’option pour le prélèvement libératoire de l’impôt sur le revenu. À première vue, la part conservée dépasse souvent 70 % du chiffre d’affaires, ce qui paraît nettement plus avantageux que les 45 à 55 % en portage salarial.
La protection sociale : assurance chômage et retraite complémentaire différenciée
La protection sociale est l’un des principaux écarts entre portage salarial et auto-entrepreneuriat. En micro-entreprise, vous cotisez au régime des travailleurs indépendants, avec une couverture correcte en maladie, mais plus faible en retraite, et sans assurance chômage. En cas de baisse d’activité ou de perte de client majeur, vous ne pouvez pas vous appuyer sur des allocations chômage pour conserver un revenu minimal.
Les plafonds de chiffre d’affaires et contraintes administratives
Autre différence majeure : les plafonds de chiffre d’affaires. Le statut d’auto-entrepreneur reste très attractif tant que vos revenus restent inférieurs au seuil légal (environ 77 700 € pour les prestations de services en 2025, avec franchise de TVA jusqu’à un palier inférieur). Si vous dépassez ce montant, vous sortez du régime micro et devez basculer vers un autre statut, avec des obligations comptables et fiscales plus lourdes. Les simulateurs de revenus en auto-entreprise affichent rarement les conséquences de ce dépassement de seuil sur votre rémunération nette future.
Portage salarial face au statut EURL et SASU : simulation des revenus disponibles
Les charges sociales TNS et le régime général
Par rapport aux statuts d’entreprise comme l’EURL ou la SASU, le portage salarial se situe souvent à mi-chemin entre simplicité et optimisation. En EURL avec gérant majoritaire, vous relevez du régime des travailleurs non-salariés (TNS), avec des cotisations globalement plus faibles que celles du régime général, mais une protection chômage inexistante. En SASU, en tant que président assimilé salarié, vous cotisez au régime général pour la maladie et la retraite, mais sans assurance chômage obligatoire, sauf contrat privé particulier.
L’optimisation fiscale : dividendes, rémunération et flat tax à 30%
L’un des atouts mis en avant pour les statuts EURL ou SASU tient à l’optimisation fiscale via les dividendes. En SASU soumise à l’impôt sur les sociétés, par exemple, il est possible de se verser un salaire raisonnable, puis de compléter par des dividendes soumis à la flat tax de 30 % (prélèvements sociaux + impôt). Les simulateurs multi-statuts intègrent parfois cette dimension, ce qui permet d’afficher un revenu disponible plus élevé que dans un schéma 100 % salaire.
Coûts cachés de la création d’entreprise : expert-comptable, CFE et frais juridiques
Créer une EURL ou une SASU implique des coûts de structure souvent sous-estimés lors des simulations théoriques. À côté des cotisations sociales, vous devez prendre en compte les honoraires d’expert-comptable (souvent entre 1 200 et 2 500 € par an pour une petite activité), la cotisation foncière des entreprises (CFE), les frais de création (annonces légales, greffe), ainsi que les éventuels frais liés à une assistance juridique ponctuelle. Ces postes de dépense ne figurent pas toujours dans les simulateurs automatiques, qui se concentrent sur la mécanique pure des charges sociales et de l’impôt.
Méthodologie de simulation multi-statuts
Les comparateurs professionnels
Pour comparer objectivement le portage salarial aux autres statuts, il existe désormais des comparateurs spécialisés. Certaines plateformes agrègent différentes règles sociales et fiscales pour proposer un comparatif multi-scénarios. En renseignant quelques données clés (TJM, nombre de jours facturés, niveau de frais professionnels, situation familiale), vous obtenez une estimation de votre revenu net selon que vous optiez pour le portage salarial, la micro-entreprise, l’EURL ou la SASU.
Les paramétrages avancés : taux journalier moyen (TJM), nombre de jours travaillés et intermission
La qualité d’une simulation multi-statuts dépend de la finesse des paramètres que vous renseignez. Ainsi, il convient d’intégrer votre taux journalier moyen, le nombre de jours facturables par mois et les périodes d’intermission (temps non facturé consacré à la prospection, la formation ou la gestion administrative). Certains comparateurs permettent de distinguer jours travaillés et jours facturés, ce qui reflète mieux la réalité de la vie d’un consultant.
Limites des simulateurs automatisés et nécessité d’un accompagnement personnalisé
Aussi sophistiqués soient-ils, les simulateurs automatisés présentent des limites. Ils se basent sur des hypothèses moyennes (taux de charges, frais professionnels type, absence de situation familiale complexe) et ne peuvent pas intégrer toutes les particularités individuelles. Par exemple, un consultant cumulant emploi salarié et activité indépendante, ou bénéficiant déjà d’une couverture prévoyance haut de gamme via son conjoint, n’aura pas les mêmes besoins qu’un indépendant dépendant à 100 % de ses revenus de mission.
Les simulations pour consultants, formateurs et professions réglementées
Pour comprendre ce qu’est le portage salarial, il faut prendre en compte les différences entre portage salarial et autres statuts de manière sectorielle. Un consultant IT en mission longue n’a pas les mêmes contraintes qu’un formateur indépendant enchaînant les courtes interventions, ou qu’un professionnel exerçant une activité réglementée (expert-comptable, médecin, avocat, etc.). Les cas pratiques de simulation montrent que le portage salarial est notamment adapté aux prestations intellectuelles B2B, avec des TJM situés entre 300 et 800 € et des missions supérieures à quelques jours.
Pour un formateur, la possibilité de refacturer des frais de déplacement et de logement optimise sensiblement le revenu net en portage, surtout lorsque les interventions ont lieu à distance du domicile. À l’inverse, certaines professions réglementées ne peuvent pas recourir au portage salarial en raison de leurs règles déontologiques ou de l’obligation d’exercice sous une forme juridique propre. Dans ces cas, la comparaison avec d’autres statuts comme la SELARL ou la SCP reste indispensable, même si les simulateurs sont moins nombreux et plus techniques.
La sécurité juridique et la flexibilité contractuelle
Enfin, la simulation de salaire ne doit pas occulter d’autres critères pour prendre sa décision dans le choix entre portage salarial et autres statuts. La sécurité juridique en fait partie : en portage, la relation tripartite (consultant, société de portage, client) encadre clairement les responsabilités de chacun, avec un contrat commercial et un contrat de travail distincts. En cas de litige, vous bénéficiez de l’appui de la société de portage, de sa RC Pro et de son service juridique, ce qui peut s’avérer précieux face à un grand compte ou une administration.
La flexibilité contractuelle est un autre atout à prendre en compte. Le portage salarial permet de démarrer rapidement une mission, de tester une activité ou de gérer une transition professionnelle (reconversion, retour d’expatriation, période entre deux CDI) sans avoir à créer immédiatement une structure. À l’inverse, une EURL ou une SASU offrent davantage de leviers pour investir, embaucher ou développer une marque propre, mais au prix d’une gestion plus lourde. Au bout du compte, les simulateurs de salaire vous donnent un ordre de grandeur chiffré ; à vous de le compléter par une réflexion plus globale sur la sécurité, la liberté et la simplicité dont vous avez besoin pour construire votre parcours d’indépendant.